Présidence de jury de DNSEP à l’ESAD Valence (mai-juin)

En Juin et mai de cette année, j’ai eu l’honneur de présider les soutenance de mémoire et de diplôme de la promotion 2016 du DNSEP (mention design graphique) de l’ESAD Valence, soit onze candidat/e/s.

Au terme de deux journée intenses, toutes les étudiants et tous les étudiants ont été diplômé/e/s, signe de la grande qualité des travaux présentés : http://www.esad-gv.fr/fr/activites/actualites/resultats-du-dnsep-art-2016/

A nouveau félicitations à toutes et à tous (ainsi qu’aux encadrants de l’ESAD) et encore merci pour cette invitation extrêmement stimulante.

Café-in MASTIC : Transition numérique et effondrement écologique : quel monde d’après ?

A l’invitation de MASTIC (Médiation et Animation scientifiques Inria), j’ai eu grand le plaisir de présenter une intervention croisant transition numérique et effondrement dans le cadre d’un “Café-in” organisé au centre de recherche de Sophia Antipolis le 2 juin dernier.

affiche café in

Voici le résumé “long” de mon intervention :

Transition numérique et effondrement écologique : quel monde d’après ?

Les travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ont souligné les enjeux du réchauffement climatique et fourni les données qui ont amené les chefs d’Etats du monde entier à adopter un accord sur le climat lors de la COP21 qui s’est tenue à Paris à la fin de l’année 2015 (un total 175 pays l’ayant ratifié le 22 avril 2016).

Les conséquences des activités dites “humaines” ne se limitent cependant à pas affecter le climat. S’y en effet ajoutent la chute de la biodiversité ou encore la pollution endémique dans certaines région, dont les effets croisés avec le réchauffement climatiques sont imprévisibles. En outre, la fin de l’accès bon marché aux combustibles fossiles (à commencer par le pétrole, dont l’apport ne sera pas compensé) et aux matières premières (métaux, etc.) dessine un avenir de plus en plus synonyme d’effondrement : montée des eaux et augmentation du nombre de réfugiés climatiques, déstabilisation des marchés financiers due aux crises énergétiques, rupture des chaînes d’approvisionnements, dégradation des infrastructures, difficulté à maintenir une agriculture industrielle et à nourrir les populations, pénurie d’eau potable, coût prohibitif des énergies alternatives au pétrole (coût environnemental à l’image des monocultures qui réduisent la biodiversité et se substitue à l’agriculture de subsistance ou du fracking pour les gaz de schistes ; coût élevé des nouvelles infrastructures à mettre en place au moment même où l’accès aux minerais exige plus d’énergie ; EROI (Energy Return On Investment) trop faible), etc.

Parallèlement aux travaux du GIEC sur le réchauffement climatique, les sciences de la terre ont proposé depuis quelques années la notion d'”Anthropocène” pour distinguer une nouvelle époque géologique marquée par l’empreinte humaine. Les sciences sociales ont à leur tour interrogé (et parfois critiqué) sous un angle plus historique cette notion et le mouvement de modernisation qui a conduit à la situation actuelle, marquée par les conséquences de l’accélération qu’a connu le monde depuis la révolution industrielle et les grands bouleversements l’ayant rendu possible (en particulier la découverte de l’Amérique et la colonisation, qui ont entraîné d’immenses déplacements de ressources et de matières premières à l’échelle du monde, faisant entrer l’Europe dans la Renaissance puis la Modernité).

Le numérique est aujourd’hui le principal pourvoyeur de futurs (ce que nous projetons) : des smart cities aux interfaces cerveaux-machine, des Big Data aux révolutions promises par la Blockchain [auxquelles nous-mêmes nous intéressons… !] en passant par l’Internet ou le Web des objets et les véhicules autonomes, ce sont nos villes, nos corps, nos organisations sociales (monnaie, assurance, états…), nos objets et nos modes de déplacement, pour ne citer que quelques exemples, qui ont vocation à subir de profondes transformations sous l’impulsion des innovations promises.

Seulement, si l’innovation, justement, que Schumpeter assimilait à une “destruction créatrice”, a pu constituer un moteur dans une perspective où les ressources apparaissaient infinies, reste qu’à la multiplication des futurs ouverts par les chercheurs et les innovateurs, l’avenir (ce qui nous arrive) semble opposer un scénario en contradiction avec la plupart des projections.

Comment, dès lors, concilier ces futurs que la recherche et l’innovation nous conduisent à explorer et un avenir synonyme de finitude, de frugalité voire d’effondrement ? Quel positionnement les chercheurs qui inventent le monde numérique doivent-ils adopter, dès maintenant, pour anticiper et faire advenir l’inévitable transition vers ce monde d’après ?

Nous présenterons quelques pistes de réflexion afin d’ouvrir cette discussion, en tissant des liens avec l’initiative Transition² portée par Inria et la FING , (tout en expliquant en quoi notre réflexion s’en distingue), initiative dont une première rencontre s’est tenue à Paris en janvier dernier (https://team.inria.fr/steep/fing/). Nous intéresse tout particulièrement la façon dont les chercheurs d’Inria s’emparent de la question.

https://project.inria.fr/mastic/cafe-in-2-juin-transition-numerique-et-effondrement-ecologique-quel-monde-dapres/

Les slides suivront de même qu’un article dans le blog “binaire” du Monde.